mardi 11 novembre 2008

Toujours dans la même lancée: Nouveautés musicales




Koriass - Les racines dans le béton - 7e ciel

Koriass : Un poète indétrônable

Connu sous le pseudonyme Koriass, Emmanuel Dubois, est sans doute un écrivain dans l'âme depuis l'adolescence. Grandissant au rythme de la musique, il a commencé à découvrir les groupes hip-hop québécois, tels Rainmen, Complys, Sans Pression et c'est ce qui l'a vraiment motivé à se lancer dans le rap. Toujours en s'inspirant des gourous du hip-hop québécois, Koriass a fait sa marque avec le temps. Il s'investit à présent dans la production de «beats», d'ailleurs il préfère produire ses propres «tracks» la plupart du temps. Cet artiste n'a pas fini de faire parler de lui. Son ambition et son amour de la musique sont sans cesse stimulés. Son nouvel album Les racines dans le béton, en vente partout depuis le 4 novembre, nous offre des rimes très riches, toujours aussi profondes que son succès de 2004 En t'oubliant. Koriass nous propose des textes à la hauteur de son titre de poète moderne. Dénonciations, critiques sociales, amertume, rôle des femmes, en sont quelques uns des thèmes. En tout, 15 pièces couronnent l'album dont Les femmes de ma vie, L'ère de glace, Révolution tranquille. Appuyé par Les Disques 7e ciel, nous détenons un Koriass engagé, intime, rassembleur, partageant sa pensée par un talent indiscutable pour les mots. Du hip-hop québécois à son meilleur! (Catherine Bournival)

The Dears – Missiles - Dangerbird

Voici finalement la quatrième galette
des Montréalais The Dears. Deux ans après Gang of Losers, qui en a laissé plus d'un sur sa faim, Missiles se veut un retour du groupe qui nous a offert le savoureux No Cities Left en 2003… Enfin, c'était probablement le but de l'exercice. Voilà plutôt une nouvelle tentative de retrouver l'énergie de No Cities Left, tentative plus encourageante que le suivant Gang of Losers, mais tout de même difficile. Ce qui est évident est la volonté d'originalité du disque, mais parmi tous ces mélanges rien d'autre ne transparaît. Missiles est intéressant, mais la cohésion, l'ambiance générale de l'album laisse à désirer. Il est même surprenant d'entendre des univers psychédéliques sur une pièce (Disclaimer), un clavier digne des années 80 par moment (Dream Job) et un soul quasi-gospel en final (Saviour). En théorie, le concept peut sembler du moins possible, mais en pratique, Missiles coule difficilement et on arrête souvent pour se demander si l'on écoute toujours bel et bien le même disque. Il est certain que les fans de la première heure retrouveront la voix fragile de Murray Lightburn, reste que cette nouvelle sortie est véritablement celle d'un groupe qui cherche toujours son identité musicale. (Vincent Lefebvre)

Harshmellow - Let is sound E.P

Le groupe québécois Harshmellow nous offre un premier E.P à saveur pop rock utilisant des éléments de classique, de jazz et de folk. Let it sound E.P renferme sept pièces, surtout des balades, accessibles et portées par le piano et la voix de Jean-Philippe Lemire. Un premier effort qui n'est pas sans rappeler le travail de Elton John, Billy Joel ou Rufus Wainwright. (Simon Maltais Morand)

Parlovr - Parlovr - Indépendant

Impossible de ne pas associer Parlovr au son du Mile End. La pièce On The Phone a tout d'une bombe des Lovely Feathers: Une pop urgente et des voix déchirées qui contrastent avec des sons plus ludiques. Là où Parlovr se démarque, c'est que les petites merveilles mélodiques cachent des guitares inventives et hurlantes (Palace Of Identical Things), des harmonies psychédéliques et des moments de folie totale (On The Phone, 1:50). Pour peu qu'ils prennent la peine de s'y attarder, les fanatiques d'expérimentations se laisseront assurément prendre par l'indie rock accrocheur et bien soutenu de Parlovr. (Ariane Gruet-Pelchat)

Orchestrol Parade - Avec ou sans l' - Indépendant

L'Orchestrol Parade propose enfin son premier disque studio, après un album en spectacle et quelques années anglophones sous le nom de The Original Wrecking Crew. Avec ou sans l' est une oeuvre ludique et sans prétention, un amalgame des influences des musiciens, mélomanes avant tout. Bien que le résultat soit un disque rock et qu'on y utilise le ska, le punk, le jazz et le hip-hop, on sent que le fil conducteur est le groove chaud du funk. Certains trouveront à redire sur l'éclectisme du disque et sur la légèreté des paroles, mais l'Orchestrol Parade est à approcher avec le twist dans la jambe et l'oreille à l'affût des coquines oeillades musicales. (Ariane Gruet-Pelchat)

En spectacle de lancement le 18 novembre au Divan Orange

mercredi 5 novembre 2008

Ce qui entâme Novembre dans nos bacs



Eagles Of Death Metal – Heart On – 2008 - Downtown Records

À peu près au même moment où l’automne se pointe le bout du nez, il y a toujours un album qui semble apparaître sur les tablettes pour nous tirer de notre déprime saisonnière. Cette année, c’est Heart On, du duo californien Eagles Of Death Metal, qui vient nous rappeler que la vie n’est finalement pas si pire que ça. Ceux qui sont déjà familier avec EODM savent bien à quoi s’attendre : Du rock tout en simplicité, sans prétention mais bourré d’attitude qui a pour seule ambition de donner du plaisir. On remarquera une brève manifestation de maturité sur Now I’m a Fool ou encore How Can a Man with So Many Friends Feel So Alone, un côté de leur musique qui est la bienvenue, mais ne vous attendez pas à plus sentimentalité de la part de rockers moustachus et virils. (Yannick Valiquette)

En spectacle le vendredi 14 novembre @ Les Saints.


An Albatross – The An Albatross Family Album – Eyeball records

Mon image de POP Montreal 2008 : le chanteur de An Albatross qui traverse la salle après son show en hurlant comme un animal, torse nu, les cheveux baignant dans le sang qui coule son front. Le punk rock psychédélique et disjoncté du groupe est libérateur à un point tel qu’il nous fait perdre toute notion de la réalité. Sur The An Albatross Family Album, l’effet est décuplé par la participation de tous les gens qui ont été membres du groupe depuis 1999. Les flûtes, les saxophones, les synthés et les cordes s’emmêlent dans une course déchaînée et forment des mélodies complètement démentes. Surtout, les arrangements sont clairs et précis et les instruments ne se pilent jamais sur les pieds. Le disque comprend aussi des moments plus calmes qui amplifient le sentiment de folie qui s’en dégage. (Ariane Gruet-Pelchat)

Grails – Doomsdayer’s Holiday – 2008 - Temporary Residence

Il est de plus en plus complexe de catégoriser la musique de Grails. Le rock instrumental semble être la niche qui leur convient le mieux pour l’instant, mais cette niche devient progressivement étroite à mesure que le groupe de Portland avance. C’est que Grails est constamment en mouvement, ne se gênant pas pour emprunter, entre autres, des éléments au rock psychédélique, aux sonorités d’Europe de l’Est, à la musique ambiante, aux compositions d’Ennio Morricone et au rock stoner comme bon lui semble. Sur Doomsdayer’s Holiday, on fait face à une musique plus sombre et plus lourde qu’à l’habitude, enveloppée d’un impénétrable brouillard ambiant qui s’étend d’un bout à l’autre de l’album. Moins d’envolées psychédéliques donc, ce qui demande un peu plus d’attention de la part des auditeurs. Mais votre patience sera largement récompensée par l’immense richesse en textures qui se laisse apprivoiser tranquillement, mais qui garanti que vous n’en avez pas fini de sitôt avec cet album. (Yannick Valiquette)

Darling Demaes - A user guide to raising the dead (songs of spring)

Le premier album des Darling Demaes était attendu depuis un certain temps déjà par ceux qui étaient tombés sous le charme des huit pièces se trouvant sur Winter keep us warm sorti en 2007. Ils nous offrent enfin un album complet reprenant plusieurs titres retravaillés du précédent EP et renfermant des nouvelles compositions qui combleront les attentes des fans des Demaes. A user guide to raising the dead (songs of spring) nous parle des choses qui ne sont plus sur un ton mélancolique porté par les sublimes harmonies des voix de Erik Virtanen et de Tasha Cyr. Le rythme rapide des guitares est maintenant soutenu par la batterie sur des pièces comme With a magnifying glass ou Young mother, donnant ainsi un son plus indie aux chansons qui se trouvaient sur Winter keep us warm. L'album comporte d'ailleurs des nouvelles composition à saveur indie folk s'éloignant un peu du premier ep, qui avait une signature un peu plus folk, mais qui sont tout autant excellentes. Ceux qui aiment Arcade Fire et Belle & Sebastian y trouveront très certainement leur compte avec A user guide to raising the dead (songs of spring) de The Darling Demaes. Lancement au club Lambi le 7 novembre. (Simon Maltais Morand)


Asian Dub Foundation- Punkara- Rinse it out ltd

Les Asian Dub Foundation sont très associés au style drum’n’bass sur lequel ils apposent un contenu très politisé qui leur donne un côté quelque peu punk.

Dans leur nouvel opus Punkara, le groupe explore aussi les sonorités de ce genre. Né à Londres en 1993, le groupe a vu le jour dans une époque de tensions raciales en Angleterre. Plusieurs des membres sont issus de la communauté indo-pakistanaise de la ville et se font connaître avec leurs messages anti-raciste. C’est donc une véritable fusion de leurs origines (avec des rappels au style bhangra) e de leur pays adoptif, berceau des origines du punk rock, qui marquent leur musique. Sur cet album très éclectique, on retrouve aussi quelques références et à l’électro et au hip hop (à la Public Enemy). Le groupe collabore sur une pièce avec l’icône punk Iggy Pop qui partage le micro avec le chanteur Al Ranjen, nouveau venu dans la formation. Cette pièce n’est pas la plus réussie de l’album, qui est inégal de par quelques liens faibles entre les genres musicaux. Le disque en entier demeure intéressant, avec plusieurs moments aussi planants que dansants. (Léa Noémie Plourde-Archer)


Nicole Lizée - This Will Not Be Televised - Centredisques

Nicole Lizée qui conduit aussi les claviers de Besnard Lakes, nous offre This Will Not Be Televised regroupant cinq pièces essentiellement instrumentales. Les deux premières pièces, la pièce titre et RPM, représentent plus de 32 minutes, soit plus de la moitié du disque et intègrent des tables tournantes. Malgré la longueur de ces pièces, on reste accroché à ses écouteurs ne sachant ce qui nous attend dans les secondes à venir. La première pièce, This Will Not Be Televised, créée pour sept tables tournantes et un orchestre de chambre, a été recommandée par la CBC pour la tribune internationale des compositeurs de 2008 qui a placé l'effort dans le palmarès des dix meilleures nouvelles compositions. Ces compositions assemblent musique classique conventionnelle et musique populaire et urbaine à merveille. L'influence jazz est omniprésente et ce surtout dans les pièces suivantes, à l'exception des percussions expérimentales de la dernière pièce, Télévision. Un album qui mérite une attention particulière, mais qui vous charmera par sa complexité et son audace. (Eric Beaulieu)


Wintermitts – Heirloom - Indépendant

Wintermitts sont des écologistes convaincus et il font des actions en conséquence. En achetant leur dernier cd Heirloom, on reçoit avec les huit chansons un sac de grains pour planter des tomates. C'est ce sens de l'humour un peu hippie et très politisé qui caractérise le groupe. Côté musical, Wintermitts penchent vers un style éco-folk-rock-fantaisiste. Le côté fantaisiste des chansons vient de l'utilisation d'instruments non-conventionnels au folk comme la trompette, l'accordéon et le glockenspiel (instrument dans la famille des xylophones). Fait rare pour un groupe anglophone de l'Ouest canadien, plusieurs de leurs chansons sont interprétées en français. Les membres du groupe sont francophones pour certains, francophiles pour d'autres. Le groupe partage son amour pour cette langue, tout autant qu'ils partagent les tâches de composition et d'interprétation des chansons. Il n'y a donc pas de star dans ce sympathique groupe qui est à surveiller dans les prochaines années. (Léa Noémie Plourde Archer)

mercredi 29 octobre 2008

Critiques: Semaine du 28 octobre



aRTIST oF tHE yEAR / vELOUR bRIGADE / cHEEZY sOUND(s)

aRTIST oF tHE yEAR poursuit dans sa visée avec ce quatrième opus sale à s'en lécher les doigts. Leur électro-funk est de plus en plus chargé, mais aussi plus constant. Sous la distortion, un peu trop présente à la longue, on découvre une architecture sonore épatante au cours de laquelle chaque pièce cache des virages inattendus. Exit aussi les skits humoristiques qui prennent trop de place, même si les musiciens ne peuvent s'empêcher de glisser quelques commentaires sexy ici et là. vELOUR bRIGADE est une bombe de la piste de danse, rejeton de MSTRKRFT. Mais avec un tutu rose, tout de même.
Album en magasins le 28 octobre; concert de lancement le 31 octobre au National. (Ariane Gruet-Pelchat)

Lavabo

Bien que les arrangements musicaux soient peaufinés, le nouvel album de Lavabo, du même titre, projette l’effet d’un déjà vu. N’allant pas jusqu’à dire que c’est un prolongement tout craché de Malajube, l’on remarque toutefois énormément de ressemblances. Ce n’est pas tant la musique pop-rock à tendance alternative qui fait ressortir cet élément douteux, mais surtout la voix. Le chanteur Samuel, dont l’on ignore le nom complet, doit s’être grandement inspiré des tons de Julien Mineau, affriolante voix de Malajube. Lorsque l’on écoute Lavabo, un album de 10 pièces, une certaine fierté patriotique est tout de même présente. Il est toujours intéressant d’entendre un groupe francophone émergeant à Montréal, ayant du talent, et faisant ressortir nos vibrations quotidiennes. Les sonorités sont agréables, sympathiques ; il ne reste qu’à encore préciser davantage le style, et le lavabo coulera à flots! (Catherine Bournival)

André / Le thé et la justice / Diz Disques

Le groupe André avait sorti la tête de l'eau dans le sillon des trois-accords. Or, l'humoristique chanson Yolande Wong avait fait de l'ombre aux autres pièces de leur disque Les derniers modèles de la mode masculine. Trois ans plus tard, le groupe s'affranchit de ce détour country et assume sa pop rock légère mais plus achevée. Le thé et la justice est mieux balancé, un peu plus enrobé et plus réfléchi. Les textes offrent une piste de réflexion plutôt sombre et les harmonies classiques mais efficaces nous y font revenir. Un disque agréable, sans plus. En magasins depuis le 21 octobre. (Ariane Gruet-Pelchat)


Quest For Fire - Quest For Fire - Storyboard Records

À ne pas confondre avec le célèbre film et encore moins avec la chanson d'Iron Maiden, Quest For Fire est une formation improbable qui vient d'apparaître en sol torontois. Improbable est le mot, car en écoutant ce premier effort résolument stoner et psychédélique, on a du mal à croire qu'il est exécuté par des membres de (feu) The Deadly Snakes, (feu) Cursed et de No No Zero. La comparaison avec Black Mountain est inévitable, puisque les deux groupes opèrent sensiblement dans le même registre, mais il ne faudrait pas faire l'erreur de penser que Quest For Fire n'est qu'une simple copie carbone. C'est épuré, c'est linéaire, c'est lourd, c'est relaxe. Bref, Quest For Fire donne ses lettres de noblesse au rock psychédélique. (Yannick Valiquette)

Ok Giraffe - Ok Giraffe

Ok Giraffe est difficilement définissable mais ne manque pas de nous charmer avec l'album Ok Giraffe. La merveilleuse voix de Rosa Smedley nous laisse pantois sur des compositions très originales puisant dans le jazz et dans le funk tout en ayant un son tout à fait unique. Passant de l'anglais au français à l'espagnol, Ok Giraffe nous propose un voyage dans leur univers qui n'est pas sans rappeler certaines sonorités d'Europe de l'est. L'album a été lancé au divan orange le 22 octobre dernier et le groupe était de passage dans les studios de CHOQ.FM quelques jours avant dans le cadre de l'émission Univers Folk pour une performance mémorable. Un groupe à découvrir et à voir sur scène absolument! (Simon Maltais Morand)


Travelling Head Case - Nanton Alberta

Nanton Alberta est le résultat d'une seule séance d'enregistrement faite en décembre 2007 par le Travelling Head Case et qui arrive sur les tablettes très peu de temps après One dead indian, également produit en 2007. Les textes introspectifs du musicien de Rouyn-Noranda sont maintenant portés par un son rappellant certaines pièces blues de John Fahey et qui s'éloigne des ambiances folks de son précédent album. Court et dépouillé, Nanton Alberta laisse toute la place à une puissante voix qui accompagne parfaitement l'énergie et le rythme qui vous fera forcément tapper du pied et hocher de la tête. Un excellent album à découvrir le 1er novembre à l'Absynthe en compagnie de Skip Jensen et des Fidel Castrol. (Simon Maltais Morand)

Brian Borcherdt – Coyotes

Coyotes n'a rien de ce qu'on imaginerait du premier album solo d'un des membres de Holy Fuck. Loin des sons électroniques de la formation torontoise, Brian Borcherdt propose un disque tout ce qu'il y a de plus folk. Dès la première note, on plonge dans son univers musical empreint de sensibilité et de mélancolie, digne d'un certain Elliott Smith ou d'un Jason Molina. Chacune des pistes de ce petit bijou nous raconte une histoire qu'on ne ce lasse pas d'entendre. À la manière de Bright Eyes, les mélodies acoustiques nous font vibrer, mais il y a là quelque chose de plus : une âme. « Means of Escape » illustre bien l'ensemble mélodique de l'album tandis que la pièce titre, « Coyotes », apporte un timbre de voix résolument plus vulnérable. Bien que Coyotes n'ait que sept pièces à nous offrir, il est évident que l'œuvre est achevée et que ce projet mérite d'être considéré comme plus qu'une simple exploration musicale. (Vincent Lefebvre)

The High Dials - Moon Country - Rainbow Quartz Records

Autrefois connus sous le nom des Datsons, le groupe montréalais The High Dials qui fait dans la pop dite psychédélique nous propose un troisième album, Moon Country. La formation renoue avec les faces A et B des vinyles en regroupant les 14 chansons sur deux disques, alors qu'elles auraient très bien pu figurer sur un seul. Cette attention se veut un « hommage à l’album en tant que forme d’art dans l’ère du mp3 ». Réalisé par Joseph Donovan (Sam Roberts, The Dears) et enregistré en partie dans un cottage retiré d’Irlande, Moon Country est riche en variantes pop. Il rappelle Doves par moments, mais plus généralement leur musique se compare à leurs contemporains tel le Brian Jonestown Massacre, avec qui ils ont d’ailleurs fait tournée, ou aux classiques Beatles. L'influence anglaise est évidente et le succès retentissant de War of the Wakening Phantoms auprès de l’auditoire anglais le prouve. Malgré la perte du bassiste-sitariste Rishi Dhir, maintenant leader du projet Elephant Stone, The High Dials, réussit à combler les attentes une fois de plus. Avec la disparition du sitar dans le son du groupe, c'est particulièrement grâce voix vaporeuses et le feedback omniprésent qu’on ressent l’influence psychédélique. Somme toute, une recette simple de fruits nappés d’une crème anglaise ! (Eric Beaulieu)

dimanche 19 octobre 2008

On ne fait pas relâche cette semaine



The Organ - Thieves - Mint Records


Retirées de la scène musicale depuis 2006, les filles de the Organ nous offrent leurs derniers enregistrements inédits sur un EP intitulé Thieves. Originaire de Vancouver, the organ s'est fait connaître pour ses mélodies mélancoliques sur des textures sonores rappelant the Smiths ou Joy Division. Les pièces se trouvant sur Thieves ont donc un son très 80, bercées par des claviers ou de l'orgue et enrobées par des effets de guitare rappelant the Cure. La voix puissante et poignante de Katie Sketch vous donnera envie de danser sur let the bells ring en plus de vous faire vibrer sur don't be angry. Les amateurs de new wave ou de rock ambiant (electrelane) seront charmés. The Organ nous offre donc leurs six dernières chansons, enregistrées rapidement en 2007, concluant ainsi une courte discographie ne contenant qu'un seul album complet (grab that gun 2004) ainsi qu'une série de ep, après cinq années d'existence. (Simon Maltais Morand)


Economics - Economics - Indépendant


Devant le succès des quelques morceaux enregistrés avec de l’équipement à rabais dans le sous-sol de ses parents, Dean Summach se voit dans l’obligation de produire du matériel sérieux. Sous le nom de Economics, il nous a concocté un premier album de dix chansons dont quelques unes ont été utilisées pour la trame sonore de courts métrages. Le mammouth illustré à l’intérieur de la pochette dans des époques incongrues fait écho aux ambiances musicales aux teintes de Four Tet et Mogwai. Parions que sa musique traversera les frontières de sa Saskatchewan natale ! (Eric Beaulieu)

Stacy Lloyd Brown - Automatic EP / Musquito Bite EP - Musical Chair Music

Le musicien d’Halifax Stacy Lloyd Brown nous offre, avec Automatic EP, dix chansons gravitant autour d’un folk moderne aux influences variables. Il dit faire une « musique folk qui donne des maux de tête à ton père », ce qui en me concerne peut se définir comme du folk ambiant sur un fond de post-rock ponctué de touches électro. De son projet Goodbye Generation avec lequel il s’accompagne de Paul MacClean, on a aussi droit à Musquito Bite EP. Quoique semblable à son travail solo, on constate, surtout dans les voix, des similitudes avec Bright Eyes. Le visuel de l’intérieur de la pochette est signé Josh J. Holinaty (http://www.holinaty.com) qui avait aussi conçu la belle affiche de sa tournée avec Fall Horsie. (Eric Beaulieu)

Allakomi - Faso Foli - Allakomi enr.

Allakomi est un groupe montréalais, arrivé du Burkina Faso en 1997. Tous les membres du groupe font partie de la famille Zon. Le grand frère Adama dirige le groupe, mais chaque personne joue plusieurs instruments et tous participent au chant et à la composition des pièces musicales. Le père, Seydou Zon, a enseigné à ses sept enfants le rôle de griot (car celui-ci est laissé en héritage avant d’être enseigné). Ce sont donc des conteurs, et c’est par ces onze contes musicaux, inspirés de leur vie en Afrique et de leurs découvertes musicales à Montréal, qu’ils nous font découvrir les magnifiques sonorités du Burkina Faso. Hormis quelques phrases en français, les paroles sont chantées en dioula, dialecte parlé en Afrique de l’Ouest. L’ensemble du disque est remarquablement bien réalisé et les harmonies chaleureuses de la kora, du djembé et du balafon joués par les membres de la famille font chaud au cœur en ces journées automnales! (Léa Noémie Plourde-Archer)

Priya Thomas - Is Blood Heron - SunnyLane Records

Cette fille, elle est un peu punk, un peu folk, très douce et quelque peu amère . Priya Thomas dévoile ces quelques aspects de sa personnalité sur son disque Is Blood heron. La jeune auteur-compositeur torontoise n’a rien de ces princesses de la pop faussement agressives qui tournent sans cesse à la radio commerciale. Elle est sincère, et malgré le fait qu’elle se dise être désorientée, elle est du moins très bien orientée dans sa direction musicale. À plusieurs reprises, la guitare nostalgique devient plus rock. Ses chansons rappellent celle d’une jeune Liz Phair, avant que celle-ci ne prenne un tournant pop. Un album touchant qui plaira aux autant âmes mélancoliques qu’aux punks sensibles. (Léa Noémie Plourde-Archer)

En concert le 4 novembre au divan orange à 22H.

Martin Leduc Band - Chansons à vendre - Les productions Pro-Duc- 2008

Martin Leduc Band aurait frappé plus juste en lançant Chansons à vendre à la fin des années 90 ou au début des années 2000. On aurait bien vu leur chanson purement québécoise aux accents rock et ska en première partie des Colocs, de Capitaine Révolte ou des Cowboys Fringants période 12 grandes chansons - Sur mon canapé. Le disque couve de jolis moments à la trompette et à l'harmonica, mais les clichés musicaux et littéraires ont vite fait de nous les faire oublier. Dommage, car le groupe est capable de sortir de l'habitude et d'expérimenter, mais ces brèches sont beaucoup trop courtes. À petites doses, Chansons à vendre vous fera sautiller tout en gardant votre esprit branché sur les failles de la société. (Ariane Gruet-Pelchat)

Concert de lancement le 23 octobre au Quai-des-brumes

Une gigue western !

C’est sur des influences de David Bowie, The Pixies et Norman McLaren que le groupe Wax Lang nous offrent, La La lang, un album rock expérimental psychédélique. Les membres du groupe se comparent à comment le rock’n’roll serait, s’il avait existé simultanément dans le passé et le futur. Pas très modestes … Disons que c’est peut être une comparaison trop généralisée, car en écoutant le disque, on remarque plutôt des sonorités de musique rock celtique, avec des rhytmes country du sud des États-Unis. Wax Lang est d’ailleurs une formation originaire du Kentucky, aux limites des terres westerns que sont l’Alabama et le Tennessee. Une chose est claire, La La lang est un album entraînant, nous donnant presque envie de giguer tous en cœur, avec un peu de danse en ligne. (Catherine Bournival)

jeudi 16 octobre 2008

Du nouveau pour la balado

La baladodiffusion des atomes crochus vous est maintenant offerte en format amélioré. Segmentée en chapitres, elle vous permet de naviguer aisément à l'intérieur de l'heure et demie de l'émission. À l'intérieur de iTunes, un menu Chapitres est inséré pour vous permettre de redécouvrir vos coups de coeur de la semaine. Chacun des chapitres est associé à une image (e.g. la pochette de l'album) et un titre (e.g. le nom de l'artiste et le titre de la pièce).






24 septembre 2008

1er octobre 2008

8 octobre 2008

15 octobre 2008

mardi 14 octobre 2008

Cette semaine sur nos platines



Man an Ocean – This is not about who's gonna win – 2008 – Indépendant

Il faudrait donner un prix à David Ratté, seul membre à bord de Man an Ocean, pour avoir crée un visuel d'album qui illustre si parfaitement la musique de This is not about who's gonna win. Car dès les premières secondes de « My Girl and the Sea », c'est nous que l'on peut voir aux commandes de ce bateau solitaire, naviguant sans destination précise dans cette obscurité la plus totale. Il n'y a pas de place pour la peur ici, puisque nous avons abouti dans ce néant de notre propre chef. Les eaux étant plutôt calmes, nous en profitons donc pour nous laisser bercer par les douces vagues de guitares et de piano qui nous plonge dans une réflexion profonde et sereine. Mais comme il y a nul endroit pour se cacher de soi-même, nous pourrions avoir à affronter quelques remous de nostalgie et peut-être même de regret avant de pouvoir regagner terre. À écouter lorsqu'on ne veut pas partir à la dérive complètement seul. (Yannick Valiquette)

Dylan Thomas and The Vancouver Vipers - Fortune teller miracle fish

Autrefois, Dylan Thomas grattait sa guitare sur le bateau de son père, aujourd’hui, il a bien muri. Le jeune homme, natif d’une petite ville de la Colombie-Britannique, se dit influencé par Bob Dylan, Neil Young, les Beatles, Rolling Stones, Turbonegro, Ramones, Beach Boys, ainsi que Van Morrison. Paru en mai 2008, le premier album de Dylan Thomas and the Vancouver Vipers, Fortune teller miracle fish semble partiellement travaillé. Il aurait davantage gagné à être personnalisé un peu plus. De ses sept pièces, l’album ressemble étrangement à la formation The Strokes, étant presque le prolongement de leur succès «Last nite». Bien sur, l’on ne peut nier le poète talentueux qu’est Thomas Dylan, seuls les arrangements musicaux renvoient aux clichés. Sur ce lot, la guitare fusionne des balades mélodieuses folk-indie-pop, passant sur des tons rock, parfois accompagnée d’un vibrant harmonica. Du moins, son écoute est charmante, elle nous rend tous bien joyeux! (Catherine Bournival)

Olivier Adoue - La grâce matinée

Actif depuis 2002 sur la scène jazz et folk montréalaise, banjoiste-multi-instrumentiste dans le groupe Lake Of Stew, Olivier Adoue nous présente son deuxième effort solo, La Grâce Matinée. Toujours accompagné de la violoniste Anit Ghosh (La Chango Family), il délaisse cette fois-ci la formule quatuor employée sur Pêche aux rêves et s'associe avec 12 autres musiciens, dont Jonathan Davis (ex-Lake Of Stew) et l'as du dobro Joe Grass (Lil' Andy and The Karaoke Cowboys, The Ideal Lovers). Avec des textes poétiques évitant le piège du mièvre et des rythmes d'inspiration moyen-oriental, folklorique et jazz, Adoue a su créer un univers bien personnel, féérique et enrobant. Ses talents d'auteur-compositeur on pris de la maturité et l'approche musical est plus improvisée, moins académique.

À noter: le maîtrissage (mastering) est l'oeuvre de Ryan Moorey, collaborateur de Jean Leloup et Arcade Fire!

Surveillez le lancement au Parc Des Princes le 4 novembre, va y'avoir du monde à messe!
(Simon Maltais Morand)

The Human Statues- The Human Statues- Indépendant

The Human Statues sont un duo originaire de la Colombie-Britannique, installés à Toronto. Jouant ensemble depuis un peu plus d’un an, le groupe commet ici un premier opus officiel. Le funk pop est leur genre de prédilection, et ils le rendent très bien avec des harmonies soignées et une structure musicale évoquant celle des Beach Boys. Il y a aussi un aspect très théâtral dans les interprétations du groupe. Les deux membres du groupe sont issus du milieu de la comédie musicale, et cela transparaît dans le ton vocal des chansons. Cet aspect nuit quelque peu à l’écoute car on sent l’exagération des émotions. Heureusement, il y a des moments où les deux hommes sont plus réservés et cela fonctionne à leur avantage. (Léa Noémie Plourde-Archer)

Menace Ruine – The Die Is Cast – Alien8 Recordings

À peine huit mois se sont écoulés depuis la parution de Cult of Ruins, que nous nous retrouvons déjà devant un nouvel effort du duo montréalais Menace Ruine. Même maudite affaire? Non. Au contraire, on se rend vite compte que The Die Is Cast ne partage pas beaucoup de ressemblances avec son prédécesseur. Adieu le black métal, les blast beats et les cris enterrés sous une épaisse couche de feedback. Cette fois-ci, Menace Ruine révèle une facette plus neo-folk et ambiante qui valorise le chant aux mélodies médiévales de Geneviève. Ajoutez une belle petite couche de sonorités drone et une réalisation caverneuse par-dessus tout ça et vous avez un album qui se démarque davantage de la tendance black/noise actuelle. (Yannick Valiquette)

Made Out Of Babies – The Ruiner – The End Records

Il y a quelque chose d’inconfortable à écouter la musique sur The Ruiner. Peut-être est-ce la voix imposante de Julie Christmas, qui se balance entre le calme et l’hystérie avec une aisance déconcertante et rarement entendue. Il se pourrait aussi que ce soit les guitares sombres, lourdes mais toujours intenses qui changent constamment d’humeur sans crier gare. Une chose est certaine, ce troisième album est de loin le plus nuancé et le plus abouti que cette jeune formation de Brooklyn nous ait offert jusqu’à maintenant. (Yannick Valiquette)

De Lònga – À l’abri du temps – Fidelio Musique

Pierre-Alexandre Saint-Yves et Andrew Wells-Oberegger nous présentent des compositions alliant cultures étrangères et temps révolus. Malgré des longueurs ressenties à travers l’écoute des onze pièces offertes, les instruments d’une autre époque dont ils font usage nous transportent aisément ailleurs tant dans le temps que dans l’espace. Si le Moyen-Âge vous intéresse, enfilez votre cotte de maille et rendez-vous sans hésiter au lancement de leur album qui aura lieu ce jeudi 16 octobre au O Patro Vys à 20h. (Eric Beaulieu)


Artistes Variés - Compilation Baltimore Round Robin Tour - Indépendant

Pendant tout le mois d'octobre, une délégation d'artistes de Baltimore prend d'assaut huit villes d'Amérique du Nord. Chapeauté par Dan Deacon, le projet veut modifier notre façon de recevoir un show en éliminant les concepts de première partie et de groupe principal, ou ceux d'avant et d'arrière de la salle. Le Baltimore Round Robin Tour se déroule en deux soirées, baptisées «eyes» et «feet» pour les musiques cérébrales et de danse. La compilation est assez décousue en raison du mélange des deux idées, mais la tendance est dans l'électro-trash. D'un côté on baigne dans le minimal, la chanson et le bruitisme, de l'autre on danse sur du punk, du rock, du hip-hop et du 8-bit. Malgré quelques moments plus faibles et une qualité sonore inégale, on y fera des découvertes dignes de mention. (Ariane Gruet-Pelchat)

samedi 11 octobre 2008

Musiques du 08-10-08

Pièce - Artiste - Album

Temporary people - Joseph Arthur and the Lonely Astronauts - Temporary people
Flowers on the stones - Mark Bérubé and the Patriotic Few - What the boat gave the river
The venom in me - Mon Electric Bijou - Backstabber blues
Microcastle
- Deerhunter - Microcastle
I can't see a thing in here - Boduf Songs - How shadows chase the balance
Just cuz - Prairie Cat - Summer's done
This is how you become a dinosaur - Half Baked - Sings the century of foam for your pleasure
Tibia Sauvignon - Meta Gruau - Tibia Sauvignon EP
Time heals nothing - Grave Maker - Bury me at sea
Summer eyes - Krista Muir - Accidental Railway
Commencer à vivre - Martin Tamar - Démo
Une journée sans portable - Gilles Vigneault - Arriver chez soi
The turntable forest - Insideamind - Scattertopia
Antimetabole - Coin Gutter - Pigeonless
Mess Call - Pigeon Funk - The Largest Bird in the History of The Planet... Ever!
Klara - Olöf Arnalds - Made in Iceland
Kaba.Pm - Lubo & Kaba Horo - Contrabandia
The Devil Took the Spape of a Dog - Fall Horsie - Devil(e)Durge
The Night Everything Changed - Dreamsploitation - The Soft Focus Sound of Today

dimanche 5 octobre 2008

Ce qui a retenu notre attention cette semaine



Lubo & Kaba Horo - Contrabanda -ENJA Records/Justin Time

Lubo Alexandrov et son band Kaba Horo avaient tout un défi à relever en lançant leur dernier opus, Contrabandia, alors que leur leur premier essai leur avait valu en 2006 un JUNO dans la catégorie meilleur album musique du monde au Canada. Et bien, je vous assure que leur recette gypsy funk balkanique réussit encore à captiver, à émouvoir et à faire danser. Au fil des rythmes précis de leurs douze chansons, l’auditeur évolue dans un monde festif dans lequel une histoire est racontée, parfois en turque, parfois en bulgare, mais plus souvent qu’autrement, à travers le talent musical d’une bande qui réussit, en travaillant des sonorités traditionnelles, à offrir une musique à la fois moderne et unique qui saura vous charmer. (Sara Dendane)


Boduf Songs – How Shadows Chase the Balance - Kranky

Cette troisième galette de l'Anglais Mat Sweet et première sortie sur l'illustre label Kranky, est tout à fait de circonstance : automnal. Les harmonies sombres et simples peuvent rappeler le folk, mais quelque chose de plus ce cache derrière tout ça. Voilà donc les subtils accents nordiques, semblable à la musique traditionnelle des contrées scandinaves. Des comparaisons à des groupes tels Agalloch et Ulver sont évidentes, mais l'ensemble est résolument plus épuré. (Vincent Lefebvre)



Mark Bérubé and the patriotic few - What the boat gave the river - Redux/Kbm Records

Mark Bérubé nous revient avec un 4e album mature et bien balancé. Entouré de nouveaux musiciens qu'il appelle 'the patriotic few', Bérubé nous offre un opus où sa voix haute et chaude et le piano sont les principaux instruments. Produit par Dave A. Sturton (Jean Leloup, Anik Jean) What the boat gave the river semble être un album plus pop que folk et renferme quelques pièces rappelant Rufus Wainwrigth ou The Arcade Fire. Bérubé y associe un son typiquement montréalais à des changements fréquents de rythme pour finalement nous livrer un excellent 4e disque qui saura, esperons-le, se faire connaître du public francophone. À noter la participation de Rick Hayworth, Dave Martel et Mike O'Brien. (Simon Maltais-Morand)

Dreamsploitation - The Soft Focus Sound of Today – From Here to There  Records
Dreamsploitation, c’est Chuck Blazevic, un compositeur et multi-instrumentiste d’Halifax qui nous propose, avec The Soft Focus Sound of Today, un mélange d’échantillons d’albums dépoussiérés et de ses propres enregistrements. C’est une ambiance mélancolique jazz qui prévaut grâce à des arrangements habiles, parfois rehaussés de voix en sourdine. Avec Dreamsploitation, on flotte sur les eaux de Four Tet ou Amon Tobin, tandis qu’on perçoit, sur The Night Everything Changed, une ressemblance à The Avalanches, quoique que cette pièce soit beaucoup moins saturée. (Eric Beaulieu)


Fall Horsie – Devil(e)Durge – Youth Club Records
Fall Horsie, c’est Justin Karas, originaire de Boston et maintenant établi à Halifax, accompagné d’un orchestre composé de batterie, alto,violon et trombone. Le tremolo dans la voix, il nous chante des mélodies de mots qui coulent bien entre eux dans une rythmique qui rappelle Joanna Newsom. Sa voix accompagne parfaitement ses compositions parfois d’orchestrales d’inspiration classique, d’autres fois minimalistes (guitare ou piano). L’album qui doit son titre aux démons qui visitaient régulièrement les rêves du compositeur pendant son écriture est somme toute excellent. (Eric Beaulieu)



Krista Muir - Accidental Railway - Indica
Un troisième album complet. Un charme. Accidental Railway, un opus très bien mené, loin d'être une mésaventure, du début à la fin. Un amalgame, une vue littérale des métropoles ayant bercées Krista Muir, à présent affranchie du pseudonyme Lederhosen Lucil. Si certaines pièces rappellent la pop débridée de Kimya Dawson, d'autres nous ramène nt directement aux fondements mélodiques de la plus que sympathique montréalaise d'adoption, où la chanson, les guitares et le ukulélé s'interrogent joliment sur la pop. (Emilie Morneau)



Compilation Made in Iceland

Des geysers eurythmiques... Bien que la musique islandaise ait une forte tradition religieuse, avec des hymnes représentant fortement le patrimoine culturel, la chanson contemporaine se taille une place de choix. L’on constate que la majorité des groupes populaires au-delà de la frontière islandaise sont orientés sur l'électro, l'électro-pop et le post-rock, l'avant-garde metal, l’instrumental et le viking metal. Associés grandement à la musique dite nordique, l’on peut compter de nombreux groupes pop-rock, comme Bang Gang, ou encore les chanteurs Bubbi Morthens, Emiliana Torrini, Megas et Björgvin Halldórsson. Beaucoup d'artistes et de groupes islandais sont connus mondialement comme Björk ou Sigur Rós. D’ailleurs la compilation Made in Iceland fait ressortir un exemplaire amalgame de ces genres islandais. La scène rock indépendante est également importante avec Sigur Rós, nous présentant la douzième pièce de l’album Made in Iceland. L’on peut d’ailleurs y entendre d’excellentes formations telles que Seabear et Òlafur Arnalds, qui furent de passage à Montréal le 16 juillet, et dont notre cher Vincent Lefebvre, des atomes crochus, a eu la chance d’assister au concert. Il n’y a pas de doute, Made in Iceland, tant eurythmique, est aussi puissant qu’un Geyser. (Catherine Bournival)


Mon Electric Bijou – Backstabber Blues – Roast Records

Même si on retrouve plusieurs instruments qui contribuent à faire de Backstabber Blues un album riche en textures, c'est la guitare qui s'impose comme âme et fil conducteur du projet. L'instrument à cordes change de peau à mesure que l'album avance, passant du rock à saveur britannique au country alternatif en nous laissant toujours croire que ces styles étaient faits pour se rencontrer. Les mélodies défilent avec une fluidité et une nonchalance qui nous emporte à la fin de l'album avant même que nous nous en rendions compte. Pas étonnant que la dernière pièce de l'album s'intitule 'Let My Guitar Do The Talking'.(Yannick Valiquette)

lundi 29 septembre 2008

Pour titiller vos tympans...



Lambchop – OH (Ohio) - Merge

Lambchop, c’est un groupe de Nashville, Tennesee qui donne dans une variante country pop-rock rehaussée d’une pincée de soul. On qualifie aussi leur musique de pop de chambre qui rappelle à l’occasion un Cat Stevens en dépression. On se lasse du chant relâché du baryton Kurt Wagner, aussi leader du groupe, qui est heureusement accompagné ci et là d’une voix féminine. La formation aux alignements instables s’est limitée à 8 membres pour ce 10e album qui compte 11 chansons écrites pour être jouées en solo. D’ailleurs, Kurt Wagner défendra son matériel en solo lors d’une mini-tournée en octobre à Los Angeles, Toronto et New York. Destiné aux amateurs du groupe ou du genre. (Eric Beaulieu)


Josianne Paradis - Josianne Paradis - Productions de l'onde

Ce premier album, dans les cordes des Vivianne Audet et Catherine Durant tant pour sa fraîcheur, la simplicité des mots, que pour le joli habillage instrumental, d'abord surprend avec une reprise réussie du Göttigen de Barbara, puis nous enrobe aussitôt grâce à une voix pleine de gaieté. Un opus digne d'un premier saut bien venu en musique; un abrégé de ce que l'artiste est, une confession chantée. Encore plus, un ravissement, une sorte de mémento, mais d'une artiste bien vivante, plus qu'essentielle dans le paysage musical de la chanson. (Emilie Morneau)


Kate Rogers Band - Beauregard - Indépendant


La Torontoise Kate Rogers et son band navigue entre le folk et la pop. Somme toute, un album qui n’a rien d’éclatant, mais la voix appréciable et juste de Kate Rogers s’agence bien au fond musical. Si vous aimez : il faut écouter Seconds, un album de reprises d’entre autres Radiohead, des Smiths et des Pixies. (Eric Beaulieu)



Les amours inavouées (EP) - Les amours inavouées - Indépendant

Les amours inavouées : un drôle de mélange

Que dire des amours inavouées d’Éric Shaw? Sur des airs indie-pop, à mi-chemin entre chanson française et rock québécois, on croirait entendre un écho de Jean Leloup, mélangé à du Pierre Lapointe, Grégory Charles, Dumas, et bien sûr, la cerise sur le sundae, Kaïn. On peut d’ailleurs très bien reconnaître ce mixte en écoutant les pièces «Allée et venue» et «L’amour secret». Ce cher Éric Shaw, lui-même compositeur-interprète actif sur la scène locale montréalaise, greffant à son album 7 autres musiciens, aurait peut-être du lancé son projet en solo comme il en avait l’intention au départ. L’album à peine créé, les amours inavouées sont devenues une espèce d’amalgame manquant d’originalité, et surtout de personnalité. Le tout n’est pas exécrable en soit, juste un peu biscornu, il aurait donc été à peaufiner. À vous d’apprécier la légèreté, ou pas… (Catherine Bournival)


Alex Cuba - Agua del pozo - Caracol Records

Une brise tropicale au Canada

Auteur-Compositeur-Interprète, Alex Cuba est originaire de ce pays même, et réside maintenant en Colombie-Britannique. De ses airs cubain, ses créations font ressortir des mélodies dignes de la canne à sucre, venant chercher des sonorités pop-soul-rock, toujours en gardant en arrière plan des influences de musique typiquement cubaine. Avec déjà 3 albums créés et une tournée en Europe terminée en bonne mine, Alex Cuba nous séduit maintenant avec son album exotique Agua del Pozo, produit par Joby Baker à Victoria. Parfaite pour les danses afro-cubaines, la pièce la plus rythmée de l’album, portant le même titre, vous sera présentée en onde ce mercredi. À écouter avec un Margarita! (Catherine Bournival)


Surefire Machine – Surefire Machine – Indépendant

Si le groupe torontois Surefire Machine avait comme but de nous démontrer à quel point ils ont du plaisir à jouer du rock, hé bien c’est mission accomplie. Leur musique plutôt générique mais ô combien énergique ne manquera pas de vous donner envie de rouler à 150 sur la métropolitaine avec le volume dans le fond. Par contre, votre intérêt risque de fondre aussi vite que votre niveau d’essence, puisque l’album n’offre rien qui puisse vraiment nécessiter un urgent besoin de le re-écouter. (Yannick Valiquette)


The Sound Of Sea Animals - Fractions of Fictions - Audiogram


À première vue, le disque Fractions of Fictions de The Sound of Sea animals est assez plat sous l'horizon. Il s'étale couleur bleu pétrole, avec à sa surface des diamants de soleil. Les vagues font surgir des images du passé, des mélodies comme auraient pu en écrire les Beatles ou comme le fait Caribou aujourd'hui. Mais lorsqu'on plonge, des textures se déploient devant nous. Au loin, une ligne de sitar part en cavale. Sous nos pieds, le mellotron gronde pendant que sur nos têtes brille le glockenspiel. Fractions of Fictions, oeuvre d'Étienne Chan Kane (Comme un homme libre, Le Kid et les Marinellis), est la trame sonore un peu glauque de tous les quotidiens. À apprécier en position allongée, les écouteurs vissés sur la tête. (Ariane Gruet-Pelchat)


Gryphon Trio – Firebrand – Centredisques

Entièrement composé par T. Patrick Carrabré et magistralement interprété par le Gryphon Trio ainsi que le Winnipeg Chamber Music Society, Firebrand plonge dans la musique de chambre avec une assurance et une accessibilité hors du commun. Plutôt sombre et espacé que chaotique, les échanges tumultueux entre violons, violoncelles, alto et piano sont presque toujours entrecoupés de passages plus calmes et harmonieux sans jamais tomber dans l'ennui. Décidément un album à posséder pour les amateurs du genre, qui apprécieront ce tour de force crée par un compositeur et des musiciens qui en ont vu d'autres. Pour ce qui est des curieux qui voudraient s'initier à la musique de chambre mais qui ne savent pas par où commencer, Firebrand est votre réponse.
(Yannick Valiquette)